Projet Hatch - Meta veut transformer l'IA autonome en assistant pour tous
Lors de la dernière conférence sur les résultats financiers de Meta, Mark Zuckerberg a partagé une vision ambitieuse pour l’avenir de son entreprise en proposant des agents d’intelligence artificielle capables de comprendre nos objectifs et de travailler jour et nuit pour nous aider à les atteindre. Il a d’ailleurs précisé qu’ils développaient actuellement un agent personnel axé sur la réalisation des divers objectifs de vie de ses utilisateurs.
Aujourd’hui, cette vision prend un nom. Selon des sources familières avec le dossier citées par The Information, l’entreprise de Menlo Park prépare un projet baptisé “Hatch” (bien que ce nom de code puisse encore changer avant son lancement). Pour bien comprendre de quoi il en retourne, il faut se tourner vers “OpenClaw”, un logiciel open-source qui fascine la Silicon Valley. Ce dernier utilise des modèles d’intelligence artificielle pour exécuter des tâches avancées à partir de commandes très simples, qui peuvent être envoyées et modifiées directement via des applications de messagerie comme WhatsApp.
Concrètement, cet outil permet à un grand modèle de langage de s’extraire de sa simple interface de discussion pour interagir avec votre ordinateur, tel un véritable utilisateur humain, bien qu’un peu exigeant. Le potentiel est tel que Meta a même cherché à racheter OpenClaw plus tôt cette année. Selon Peter Steinberger, son créateur, Mark Zuckerberg a d’ailleurs développé une brève obsession pour cet outil lorsqu’il faisait sensation auprès des passionnés de technologie.
Mais si Meta développe désormais Hatch, c’est pour proposer une véritable alternative grand public. OpenClaw est un outil beaucoup trop compliqué pour la plupart des utilisateurs non technophiles. Le grand public pourrait se sentir aliéné face à ce genre de technologie, non pas à cause d’une éventuelle incompétence technique de leur part, mais plutôt par leur incapacité à identifier de petits problèmes logiciels à faire résoudre par l’IA dans leur vie quotidienne. L’enjeu pour Hatch sera donc de rendre cette techno intuitive et utile chaque jour.
Malgré tout, donner autant d’autonomie et de pouvoir d’action à une intelligence artificielle représente un sacré challenge en matière de sécurité, comme l’a expérimenté de façon cruelle une cadre de l’entreprise. En février dernier, Summer Yue, la directrice de la sécurité et de l’alignement a raconté que sa propre instance d’OpenClaw était devenue totalement incontrôlable et s’était mise à adopter un comportement destructeur. Des captures d’écran de l’incident montrent le système en train de supprimer l’intégralité de sa boîte de réception, et ce, malgré les supplications désespérées de sa conceptrice.
L’IA a ignoré royalement les directives urgentes qu’elle lui envoyait, telles que “Ne fais pas ça”, “Arrête ne fais rien”, et même un “STOP OPENCLAW” très explicite.
Pour s’assurer que Hatch ne reproduise pas les mêmes erreurs désastreuses, Meta prend d’énormes précautions dans son processus de développement. L’entreprise a notamment construit des environnements logiciels fermés qui imitent parfaitement des sites comme Reddit, Etsy ou DoorDash. Ces “bacs à sable” numériques permettent à l’agent d’intelligence artificielle de s’entraîner et de développer ses compétences de navigation et d’interaction en toute sécurité. Hatch devrait être prêt pour entamer sa phase de tests internes d’ici la fin du mois prochain, ouvrant peut-être la voie à l’assistant virtuel ultime de demain… ou pas.




