Meta veut imposer son IA partout
La nouvelle mise à jour de Threads est un cauchemar absolu.
Meta ne sait plus quoi inventer pour nous imposer son intelligence artificielle et c’est désormais au tour de Threads d’en faire les frais. Après avoir forcé l’intégration de son chatbot un peu partout au cours des deux dernières années, l’entreprise de Mark Zuckerberg lance une phase de test pour donner à Meta AI un rôle bien trop proéminent sur son réseau social.
Sous couvert de fournir un prétendu « contexte supplémentaire », Meta déploie un compte officiel (@meta.ai) avec lequel vous pouvez interagir publiquement, transformant une plateforme déjà balbutiante en un terrain de jeu pour robots bavards. Évidemment, cette première bêta est d’abord imposée à des pays comme la Malaisie, l’Arabie Saoudite, le Mexique, l’Argentine et Singapour, qui servent de cobayes bien pratiques avant un déploiement global.
Le concept, qui permet par exemple de demander à l’IA pourquoi tout le monde parle d’un sujet d’actualité précis, rappelle fâcheusement l’intention originelle de Grok, l’IA calamiteuse d’Elon Musk sur X. L’idée que n’importe qui puisse invoquer une machine pour vérifier la véracité d’une publication virale a de quoi inquiéter sérieusement. On se souvient tous des dérapages monumentaux de Grok sur X, qui a tristement brillé par ses diatribes pro-nazies, ses louanges flagorneuses envers Musk et la génération d’une quantité alarmante de contenus pédocriminels.
Même si Meta se vante d’être plus prudente avec son IA que son concurrent ne l’a été par le passé, il est d’une naïveté confondante de croire que cette fonctionnalité sur Threads échappera aux manipulations de masse. Introduire un tel vecteur de dérive potentielle est une aberration totale. Pour faire passer la pilule, l’entreprise offre la possibilité de rendre muet ce compte et de masquer ses réponses, mais la charge de l’esquive repose encore une fois sur l’utilisateur, contraint de nettoyer son propre fil d’actualité face à cette intrusion non sollicitée.
L’offensive se situe dans un plan général poussé par le tout nouveau modèle Muse Spark maison et l’obsession de la firme va bien au-delà de Threads en s’insinuant jusque dans vos conversations privées. Meta teste actuellement des discussions parallèles permettant d’interroger l’IA sur ce qui se dit dans vos groupes WhatsApp et d’autres applications. Bien que le géant américain tente de nous rassurer en affirmant que ce chat séparé n’est visible que par la personne qui le sollicite, l’idée même de demander à un bot d’analyser vos échanges privés entre amis pour donner du « contexte » est profondément intrusive et effrayante.
Le point culminant de cette dystopie technologique réside dans la nouvelle version de Live AI, désormais propulsée par Spark directement dans l’application Meta AI. Auparavant cantonnée aux lunettes connectées de la marque, cette fonction permet à l’IA d’analyser en temps réel ce que voit la caméra de votre téléphone pour répondre à vos questions sur votre environnement.
C’est ici que l’effroi prend tout son sens, de récents rapports ont révélé que des modérateurs humains visionnaient les enregistrements de ces sessions, y compris des moments très intimes. Meta vous invite littéralement à ouvrir une fenêtre vidéo sur votre vie privée en laissant courir le risque que de parfaits inconnus vous observent. Quant aux lunettes connectées, le modèle Spark commence déjà à être déployé sur les montures Ray-Ban et Oakley aux États-Unis et au Canada, et viendra polluer les montures équipées d’écrans dès cet été.
Avec l’avènement de ce modèle, première sortie du très pompeux groupe « superintelligence », l’ère post-Llama s’annonce redoutable. Mark Zuckerberg confirme sa fuite en avant en évoquant avec enthousiasme des projets d’agents IA de type OpenClaw qui fonctionneront dessus. L’objectif n’est visiblement plus de connecter les gens, mais d’imposer un écosystème de surveillance insidieux, où notre contenu, nos conversations et même notre environnement visuel direct servent de fourrage à leur machine insatiable. Il serait peut-être temps de fermer ces applications avant qu’elles ne finissent par tout engloutir.


