L’exode vers DuckDuckGo - Des utilisateurs fuient l’IA imposée par Google
Lors de sa conférence annuelle des développeurs la semaine dernière, Google a officialisé la fin de sa traditionnelle liste de liens bleus. À la place, un agent conversationnel doté d’IA prend le relais pour répondre aux requêtes, exécuter des tâches et gérer des surveillances en arrière-plan.
La réaction du public ne s’est pas fait attendre et elle a été particulièrement vive. Beaucoup craignent que cette évolution ne tue le web ouvert. D’autres s’inquiètent des réponses inexactes générées par l’IA et de la perte de contrôle pour les internautes qui préféreraient s’en passer.
Face à cette transition forcée, de nombreux utilisateurs se tournent vers DuckDuckGo. Cette alternative axée sur la confidentialité n’a jamais vraiment réussi à ébranler la domination écrasante de Google dans son histoire, plafonnant à environ 0,7% des parts de marché de la recherche en France en Avril 2025.
En 2023, lors du procès antitrust visant Google, Gabriel Weinberg, le PDG de DuckDuckGo, avait d’ailleurs témoigné que les contrats d’exclusivité par défaut de Google nuisaient gravement à la capacité de son entreprise à s’imposer sur d’autres navigateurs.
Une croissance propulsée par le besoin de contrôle
Aujourd’hui, les choses semblent évoluer. Gabriel Weinberg a déclaré récemment que Google gavait ses utilisateurs d’IA sans leur offrir d’échappatoire, rendant ainsi leurs résultats de recherche pires qu’avant. Son but est donc de leur redonner le pouvoir en les laissant décider de la quantité d’IA qu’ils souhaitent intégrer à leur navigation.
Les statistiques récentes de DuckDuckGo confirment cet engouement soudain:
Du 20 au 25 mai, les installations de l’application aux États-Unis ont bondi en moyenne de 18,1% par rapport à la semaine du 13 au 18 mai, avec un pic impressionnant à 30,5% le 25 mai. Sur iOS, la tendance est encore plus marquée, atteignant une croissance moyenne de 33% et culminant à 69,9%.
L’intérêt pour une navigation sans algorithmes génératifs se confirme également sur leur page dédiée, noai.duckduckgo.com. Ce portail, qui désactive par défaut toutes les fonctionnalités liées à l’IA, a enregistré une croissance moyenne de ses visites de 22,7%, avec un pic à 27,7% le 24 mai. Cette dynamique, particulièrement forte outre-Atlantique, s’est même maintenue durant le week-end prolongé du Memorial Day, une période où le trafic web connaît habituellement une baisse importante.
L’approche paradoxale mais respectueuse de DuckDuckGo
Cette fuite de l’IA imposée ne signifie pas que DuckDuckGo rejette totalement la technologie. L’entreprise propose son propre outil, baptisé Duck.ai. Totalement gratuit et accessible sans création de compte, il permet d’utiliser des modèles de pointe tels que Claude 4.5 Haiku d’Anthropic, Llama 4 Scout de Meta, Small 3 24B de Mistral et GPT-5 mini d’OpenAI.
La différence fondamentale réside dans l’approche de la confidentialité. Votre adresse IP est masquée avant d’atteindre les fournisseurs de modèles, les conversations sont supprimées sous trente jours et aucune donnée n’est exploitée pour l’entraînement de l’IA. L’entreprise respecte non seulement vos choix, mais aussi votre vie privée, en garantissant que rien de ce qui est fait sur DuckDuckGo n’est collecté.




