Ferrari Luce - Le pari 100% électrique de Maranello
Le moment que beaucoup pensaient impossible est arrivé. Après avoir longtemps affirmé qu’une telle voiture ne verrait jamais le jour et dans un contexte où ses concurrents comme Lamborghini ou Porsche revoient leurs ambitions électriques à la baisse, Ferrari a tenu bon. Le résultat s’appelle Ferrari Luce, le tout premier véhicule 100% électrique de la marque au cheval cabré. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce lancement est une rupture totale, tant sur le plan du design que de la technologie.
Si l’esthétique du SUV Purosangue tentait de trouver sa place dans la lignée traditionnelle de Maranello, la Luce prend une direction radicalement différente. Dessinée par le collectif LoveFrom fondé par Jony Ive (l’ancien célèbre designer d’Apple) et Marc Newson, l’extérieur de la voiture ne plaira peut-être pas aux puristes, mais il est indéniablement splendide. Qui n’a jamais bavé devant un bolide qu’il ne pourra jamais se payer me lance la première pierre.
On y retrouve une silhouette épurée et lisse. Fait marquant, c’est la toute première fois qu’une Ferrari peut accueillir plus de quatre personnes. Avec ses quatre portes et ses cinq places assises, la Luce adopte un gabarit proche de celui d’un SUV, avec un avant relativement court. L’accès aux places arrière, très spacieuses, se fait via des portes antagonistes (dites “suicide”) qui s’ouvrent et se ferment par une simple pression sur un bouton, offrant une entrée digne d’un tapis rouge.
L’arrière réserve également son lot de surprises. En lieu et place des traditionnels feux ronds toujours visibles, la voiture arbore un panneau noir qui ne révèle sa signature lumineuse que lorsqu’elle est sous tension.
Un habitacle tactile qui résiste au tout écran
Contrairement à la tendance actuelle chez Tesla qui misent presque exclusivement sur des surfaces tactiles, l’intérieur de la Luce trouve un équilibre intéressant.
Bien que l’on y trouve deux écrans OLED développés par Samsung, dont un écran central orientable vers le conducteur, l’habitacle fait la part belle aux matériaux nobles comme l’aluminium et le verre. Le sélecteur de vitesse est physique et transparent, et le volant conserve des commutateurs bien réels pour les modes de conduite. À l’arrière, les passagers disposent même de leur propre panneau de contrôle doté de molettes physiques. C’est un environnement qui, baigné dans le cuir, réussit le pari d’être chaleureux tout en étant profondément technologique.
Des performances dignes de Maranello
Même si elle ne ressemble pas à une Ferrari classique, elle en a définitivement le cœur. La Luce s’appuie sur une architecture électrique de 800 volts pour délivrer des chiffres impressionnants.
Puissance totale: 1 035 chevaux (répartis sur 4 moteurs)
0 à 100 km/h: 2,5 secondes
Vitesse maximale: 310 km/h
Batterie: 122 kWh
Vitesse de recharge: Jusqu’à 350 kW
Autonomie estimée: ~530 km (WLTP) / ~450 km (EPA)
Avec un moteur électrique par roue, la voiture conserve une forte typologie de propulsion (les deux moteurs arrière pouvant développer jusqu’à 831 chevaux à eux seuls). Le tout est orchestré par une unité de contrôle du véhicule (VCU) ultra-rapide, capable d’analyser la surface de la route et d’ajuster la puissance de chaque roue toutes les 5 millisecondes.
La dynamique est encore renforcée par quatre roues directrices et une suspension active capable de faire varier la fermeté des amortisseurs et d’abaisser la garde au sol de 10 mm à haute vitesse pour améliorer l’aérodynamisme.
L’âme du son Ferrari préservée
Le silence est d’or en ville, mais une Ferrari doit s’entendre. Au lieu de diffuser un faux son de moteur via des haut-parleurs, les ingénieurs ont placé un capteur acoustique directement sur l’essieu arrière.
Ce système capte les vibrations mécaniques réelles des moteurs électriques, puis les amplifie (un peu à la manière d’une guitare électrique) pour produire une sonorité unique. Le résultat est évocateur, rappelant les V8 hauts dans les tours du passé, tout en assumant pleinement sa nouvelle nature électrique.
Le prix de l’exclusivité
La Ferrari Luce s’adresse à un public prêt à investir dans une véritable pièce de design roulante. Sur son marché domestique en Italie, le tarif de base est fixé à 550 000 €, ce qui en fait le modèle le plus cher de la gamme actuelle, se plaçant nettement au-dessus du Purosangue.
Les premières livraisons sont prévues pour l’automne en Europe.






