Les tarifs douaniers imposés par Donald Trump continuent de faire des vagues et cette fois, ce sont deux géants de l'économie mondiale qui passent à l'offensive sur le terrain judiciaire. Nintendo of America et FedEx ont chacun déposé des plaintes devant le tribunal américain du commerce international, réclamant le remboursement des droits de douane qu'ils ont payés depuis l'entrée en vigueur des mesures tarifaires controversées du président.
Selon la plainte, Nintendo demande un remboursement rapide, avec intérêts, des droits de douane acquittés par l'entreprise. La firme de Kyoto n'entend pas laisser passer l'addition sans se battre. Le contexte est particulièrement savoureux. C'est le jour même où Trump annonçait l'instauration de vastes tarifs sur les importations en provenance de nombreux pays que la marque japonaise avait choisi de dévoiler les détails du lancement de la Switch 2, avec notamment une date de précommande fixée au 9 avril 2025. La coïncidence n'a pas été sans conséquence. Face à l'incertitude économique générée par l'annonce présidentielle, Nintendo avait d'abord repoussé les précommandes américaines afin d'évaluer l'impact potentiel des droits de douane. La console a finalement été lancée comme prévu, mais avec des prix revus à la hausse sur plusieurs accessoires, une décision directement liée à la pression tarifaire.
Une récente décision de la cour suprême des États-Unis donne du poids aux recours de Nintendo et FedEx. Le mois dernier, la plus haute juridiction du pays a jugé que le recours de Trump à l'International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) pour imposer des tarifs réciproques était illégal. En clair, le président aurait outrepassé ses prérogatives en utilisant cette loi d'exception pour justifier des droits de douane de grande ampleur. La cour suprême n'a toutefois pas précisé les modalités concrètes de remboursement des sommes déjà versées, ouvrant ainsi la voie à une bataille juridique que des entreprises comme celles impliquées aujourd'hui sont bien décidées à mener.
FedEx, de son côté, a également déposé une plainte devant le même tribunal, réclamant un remboursement intégral. Le géant américain de la logistique est allé plus loin que la simple démarche judiciaire. Il a annoncé publiquement que si des remboursements lui étaient accordés, il les reverserait à son tour aux expéditeurs et consommateurs qui ont, en bout de chaîne, supporté ces charges. Une posture commerciale habile, qui transforme une action en justice en geste de bonne foi envers sa clientèle.
Pour Nintendo, l'enjeu dépasse les seuls droits de douane. La Switch 2 est une console récente et chaque dollar de surcoût imposé aux consommateurs américains fragilise son avenir. Pour FedEx, dont le modèle repose sur des flux commerciaux internationaux massifs, les tarifs Trump représentent une perturbation structurelle qui ne peut être absorbée indéfiniment. Le bras de fer est loin d'être terminé. Il se déplace simplement des salles de conseil d'administration vers les prétoires.

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