La preuve la plus éloquente de ce séisme vient d'Asus. Lors de la dernière conférence de résultats du fabricant taïwanais, son directeur financier Nick Wu n'a pas mâché ses mots: "le MacBook Neo est un véritable choc pour l'ensemble du marché". Il a ajouté que tous les fabricants de PC, y compris les acteurs en amont comme Microsoft, Intel et AMD prennent la menace très au sérieux. Et pour trouver une réponse adaptée, il faut du temps.
Sur le papier, le MacBook Neo présente certes quelques limitations. Ses 8 Go de mémoire unifiée et son SSD de base à 256 Go peuvent faire tiquer, d'autant qu'ils ne sont pas évolutifs. Mais le reste de la fiche technique est redoutable pour ce prix: châssis entièrement en aluminium, écran lumineux aux couleurs vives, haut-parleurs de qualité et des performances suffisantes pour tous les usages du quotidien. Difficile de trouver l'équivalent chez la concurrence Windows ou Chromebook à tarif similaire.
Ce qui change tout, c'est la nature même de cette mémoire. Contrairement à la RAM traditionnelle, la mémoire unifiée est partagée entre le CPU et le GPU, ce qui améliore considérablement l'efficacité globale du système. MacOS complète le tableau avec une fonction de mémoire swap, qui utilise une partie du SSD comme mémoire virtuelle lorsque les 8 Go sont saturés. Résultat en usage réel, les 8 Go de l'appareil se comportent comme une capacité bien supérieure et les testeurs peinent à mettre le système en difficulté dans des conditions normales d'utilisation.
Apple maîtrise sa chaîne, pas ses concurrents
Apple dispose d'un avantage structurel que ses rivaux peinent à égaler avec la maîtrise quasi totale de sa chaîne technologique. Le MacBook Neo est propulsé par la puce A18 Pro, née dans l'iPhone 16 Pro. Malgré ses origines mobiles, cette puce surpasse les processeurs Intel Core 5 d'entrée de gamme et même le MacBook Air M1 de 2020. Un exploit.
Les fabricants de PC, eux, dépendent de multiples fournisseurs externes pour leurs composants et doivent en plus payer des licences Windows à Microsoft, un coût qui se répercute inévitablement sur le prix final. Windows 11 aggrave la situation. Les nouvelles installations embarquent une foule d'applications préinstallées (OneDrive, Microsoft 365, Copilot) qui grignotent l'espace de stockage et ralentissent le démarrage. Des désagréments que macOS n'inflige pas à ses utilisateurs.
Microsoft doit agir
Pour que les PC Windows d'entrée de gamme redeviennent compétitifs, Microsoft doit prendre ses responsabilités. La promesse récente de la direction de recentrer l'expérience utilisateur, en réduisant la place de Copilot et en autorisant enfin le déplacement de la barre des tâches, va dans le bon sens. Mais ce n'est que le début. Apple a pris une longueur d'avance confortable. Ses concurrents ont du travail devant eux et pas seulement sur le plan matériel. La véritable bataille se jouera aussi dans les logiciels, l'expérience utilisateur, et la capacité à proposer un tout cohérent à un prix plancher. Pour l'heure, Cupertino est seul sur ce terrain.

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